Publié par : Marc Petit — Rédacteur en chef
Associer une installation photovoltaïque à la recharge d’un véhicule électrique permet d’utiliser une électricité produite chez soi, surtout lorsque la voiture reste stationnée en journée. Le nombre de panneaux dépend toutefois du kilométrage, de la consommation du véhicule, de la production locale et des autres usages de la maison.
Partir des kilomètres parcourus pour dimensionner la recharge
Pour estimer la puissance nécessaire, commencez par calculer l’énergie consommée par la voiture. La formule est simple : kilométrage quotidien × consommation du véhicule en kWh/100 km ÷ 100. Un véhicule consommant 15 kWh/100 km et parcourant 50 km par jour nécessite ainsi 7,5 kWh par jour pour ses trajets.
Calculer le nombre indicatif de panneaux pour recharger sa voiture
Estimez le besoin quotidien de votre véhicule et le nombre théorique de panneaux nécessaires pour le couvrir.
Résultat indicatif
Besoin quotidien : kilométrage × consommation ÷ 100
Production d’un panneau : puissance en kW × heures d’ensoleillement
Nombre de panneaux : besoin quotidien ÷ production par panneau, arrondi à l’entier supérieur
Ce besoin varie avec la température, le chauffage ou la climatisation, le relief, la vitesse et le style de conduite. Il est donc préférable de partir de la consommation observée au quotidien plutôt que de la seule capacité de la batterie. Une batterie de 52 kWh, comme dans l’exemple de la Zoé, indique l’énergie stockable. Elle ne précise pas la quantité d’électricité réellement nécessaire chaque jour.
| Profil de recharge | Calcul avec 15 kWh/100 km | Besoin journalier indicatif |
|---|---|---|
| 25 km par jour | 25 × 15 ÷ 100 | 3,75 kWh |
| 50 km par jour | 50 × 15 ÷ 100 | 7,5 kWh |
| 75 km par jour | 75 × 15 ÷ 100 | 11,25 kWh |
| 100 km par jour | 100 × 15 ÷ 100 | 15 kWh |
Combien de panneaux solaires prévoir ?
Les panneaux récents affichent généralement une puissance de 400 à 500 Wc. À titre d’exemple, un panneau de 400 W produisant pendant 4 heures d’ensoleillement équivalent fournit 1,6 kWh dans une journée. Pour un usage de 50 km quotidiens, le repère souvent retenu est une installation de 2 à 3 kWc, soit environ 4 à 6 panneaux de 400 Wc selon la configuration.
Ce résultat reste indicatif. L’orientation, l’inclinaison, les ombrages, la météo, le rendement de l’onduleur et les pertes de conversion modifient la production réellement disponible. Une orientation sud et une inclinaison d’environ 30 degrés sont favorables, mais une toiture orientée différemment peut aussi convenir avec un dimensionnement adapté.
Comprendre ce que produit réellement une installation photovoltaïque
La puissance crête, exprimée en Wc ou en kWc, correspond à une puissance nominale mesurée dans des conditions standard. Elle ne doit pas être confondue avec la production disponible à chaque instant. Une installation de 3 kWc peut produire 10 à 12 kWh par jour en été et 4 à 5 kWh par jour en hiver. Cette saisonnalité compte si la voiture roule régulièrement toute l’année.
La maison utilise aussi une partie de la production : réfrigérateur, cuisson, eau chaude, chauffage ou appareils en veille. Un foyer consomme environ 4 500 kWh par an, soit près de 12 kWh par jour. Dimensionner les panneaux solaires pour la recharge d’une voiture électrique sans tenir compte de la consommation du logement conduit souvent à surestimer l’énergie disponible pour la borne.
La production solaire atteint son maximum autour de la mi-journée, tandis que la voiture peut être absente ou branchée le soir. L’objectif consiste donc à rapprocher les horaires de production et de consommation. Programmer la charge pendant les heures ensoleillées, décaler certains usages domestiques et moduler la borne augmentent la part d’électricité consommée directement, sans ajouter systématiquement une batterie.
Faire circuler l’électricité entre panneaux, maison, borne et réseau
Les panneaux produisent du courant continu. L’onduleur le transforme en courant alternatif utilisable par la maison et la borne de recharge. En priorité, l’électricité photovoltaïque peut alimenter les appareils en fonctionnement et le véhicule lorsqu’il est connecté. Le surplus peut être injecté sur le réseau, dirigé vers une batterie domestique ou réservé à certains usages par un système de gestion de l’énergie.
Pourquoi une borne intelligente améliore la recharge
Une borne connectée compatible avec le solaire peut moduler sa puissance selon le surplus photovoltaïque disponible. Au lieu de lancer une charge à pleine puissance et de prélever immédiatement de l’électricité sur le réseau, elle adapte le courant à la production restante. Ce pilotage, parfois appelé smart charging, est utile lorsque la production varie rapidement à cause des nuages ou de la consommation de la maison.
Une borne puissante réduit le temps de charge, mais elle ne produit pas davantage d’énergie solaire. À titre de comparaison, une prise de 3,7 kW permet environ 200 km d’autonomie en 9 heures, une puissance de 7 kW environ 300 km en 8 heures, et une borne de 11 kW environ 125 km en 2 heures. La puissance réellement acceptée dépend aussi du chargeur embarqué et du BMS du véhicule.
Recharger la nuit : batterie ou réseau ?
Sans soleil, les panneaux ne fournissent pas directement d’électricité. La recharge nocturne passe donc par une batterie de stockage ou par le réseau. La batterie permet de décaler une partie de l’énergie produite l’après-midi, mais elle augmente le coût, l’entretien et la complexité de l’installation. Pour de nombreux foyers, une recharge directe en journée avec une borne pilotable est plus favorable à la rentabilité que le stockage systématique de chaque surplus.
Toiture, carport ou panneaux au sol : choisir le bon support
La toiture est généralement la solution la plus simple lorsqu’elle dispose d’une surface dégagée et suffisamment exposée. Elle évite d’occuper le jardin et peut couvrir une partie des consommations de la maison et du véhicule. Avant de retenir cette option, vérifiez l’état de la couverture, les zones d’ombre et la place disponible pour la puissance envisagée.
- Carport photovoltaïque : il protège la voiture et crée une surface de production près de la borne. Cette option convient lorsque le toit de la maison est petit, ombragé ou mal orienté.
- Panneaux au sol : ils facilitent parfois l’orientation et l’entretien, mais demandent un espace non ombragé et impliquent des contraintes d’implantation à vérifier localement.
- Pergola solaire : elle associe ombrage extérieur et production électrique, sans être forcément installée au-dessus du stationnement.
Les démarches doivent être vérifiées avant les travaux. Une déclaration préalable peut être nécessaire lorsqu’une installation modifie l’aspect extérieur. En copropriété, une autorisation d’assemblée générale peut être requise. Ces points sont à contrôler avant de commander le kit, le carport ou la borne.
Évaluer le budget et la rentabilité sans promettre une recharge gratuite
Une installation de 3 kWc est annoncée dans une fourchette de 6 000 à 10 000 €, avec un repère autour de 8 000 € selon la configuration. Ce budget ne comprend pas nécessairement les mêmes équipements. Le type de panneaux, la pose, l’onduleur, l’adaptation électrique, la borne, la structure du carport et la batterie peuvent modifier fortement le montant final.
Le prix de l’électricité du réseau est cité autour de 0,25 €/kWh, contre 0,05 à 0,08 €/kWh pour l’énergie solaire autoconsommée. Les économies annuelles estimées pour la seule recharge se situent autour de 300 à 400 €, et autour de 600 à 900 € lorsque la maison et le véhicule bénéficient de l’installation. Les délais de retour annoncés vont de 8 à 12 ans, ou de 6 à 8 ans avec aides.
La rentabilité dépend surtout du taux d’autoconsommation. Une installation bien pilotée, utilisée par le logement puis par la voiture en journée, valorise mieux chaque kilowattheure qu’une installation surdimensionnée dont le surplus est peu exploité. La recharge directe est généralement plus intéressante lorsque la voiture est présente pendant les heures de production.
Avant d’acheter, réunissez le kilométrage annuel, la consommation réelle du véhicule, les factures d’électricité, les horaires de stationnement et les caractéristiques de la toiture ou du parking. Ces informations permettent de distinguer le besoin de recharge, la production solaire réellement disponible et la part qui peut être consommée directement.